• Allaiter et travailler : C’est possible !!!

Il est tout à fait possible de continuer à allaiter en travaillant, si tel est votre souhait puisque le droit français prévoit une heure par jour travaillé pour les femmes désirant allaiter leur enfant.

Soit l’enfant est amené à sa mère (possibilité rare) soit elle exprime son lait dans un local aménagé, c’est à dire contenant au minimum un point d’eau et un siège (fauteuil, relax,…) confortableCe sont les articles L 224-2 à L224-4 et R224-1 à R224-23 du code du travail qui régissent l’heure d’allaitement.

 

Les enfants allaités (et encore plus s’ils bénéficient de lait maternel pendant l’absence de la mère) étant en bien meilleure santé, leur mère aura moins besoin de s’absenter pour les soigner

La reprise du travail et donc la séparation temporaire avec votre enfant est une étape difficile. Arrêter en même temps l’allaitement peut être doublement douloureux à vivre. Continuer à allaiter, c’est prolonger cette relation de plaisir partagé, cet échange unique, ce sont des retrouvailles bienheureuses. Un bébé grandit vite et l’allaitement n’aura qu’un temps.

Vous devez vous sentir tout à fait libre d’arrêter ou de continuer, vous et votre famille.

Pendant votre absence, votre enfant, en fonction de son âge, sera nourri soit exclusivement avec des biberons (la plupart du temps), soit également avec des aliments solides. Sachez que pendant les 6 premiers mois, le lait seul couvre les besoins nutritionnels de l’enfant. Vous devez décider si vous avez envie de donner du lait artificiel ou votre lait, auquel cas il vous faudra l’exprimer.

 

  • Comment s’y prendre?

Le premier est qu’on peut continuer à allaiter complètement jusqu’à la reprise effective du travail, sans s’inquiéter si le bébé refuse le biberon (ce qui arrive souvent), voire la tasse ou la cuiller : il l’acceptera de la main de la personne qui le gardera, car il en comprendra alors la nécessité et l’utilité. Alors que lorsque c’est la mère (ou une autre personne en présence de la mère, voire parfois en son absence mais avant la reprise), il ne comprend pas pourquoi on lui propose du « deuxième choix » alors que le « premier choix » est là tout près, à portée de bouche.

On s’évitera ainsi bien des angoisses et des conflits pouvant tourner à l’épreuve de force. On minimisera aussi le risque de confusion sein/tétine (toujours présent, même fortement diminué, quel que soit l’âge de l’enfant) et on aura davantage de garanties que la lactation, mieux installée car plus ancienne, ne se tarisse pas.

La deuxième chose est, après la reprise, de continuer à allaiter à la demande dès qu’on a l’enfant avec soi (matin, soir, nuit, jours de congé, vacances.). Non, cela ne « perturbera » pas l’enfant de ne pas avoir le même rythme à la crèche ou chez la nourrice, et à la maison. Au contraire, cela l’aidera à se structurer en lui permettant de faire la différence entre « quand je suis avec maman et que je peux téter » et « quand maman n’est pas là et que je ne peux pas téter. »

De plus, cela permettra de garder un nombre de tétées non négligeable, et ainsi d’entretenir la lactation, même avec des horaires irréguliers.

 

  • Vous souhaitez introduire des biberons ?

Votre enfant sera peut être réticent à prendre les premiers biberons. Cela peut être moins difficile avec du lait maternel. Soyez patients ! Il lui faut quelques jours pour accepter. Vous pouvez proposer à une tierce personne de lui donner son 1er biberon, en votre absence. Ainsi il ne sentira pas votre odeur. Surtout ne pas attendre que votre enfant ait faim pour lui faire découvrir ce biberon (par ex. lui proposer 1h30 à 2h après la tétée précédente). Il est parfois utile de tester 2 ou 3 types de tétine: type nouveau-né et en silicone, très peu percée à cause de la force de succion acquise au sein. La tierce personne pourra le bercer, le calmer, lui expliquer et lui proposer plusieurs fois le biberon. Sachez qu’il arrive parfois qu’un enfant (surtout tout petit) refuse le sein lorsqu’on a introduit beaucoup de biberons.  Vous pouvez aussi changer les positions : dans les bras comme au sein, dnas les bras face à soi, dans un transat…

Il est important de ne pas descendre en dessous d’un certain seuil de stimulations pour maintenir la lactation, un bon débit de lait et éviter une préférence pour la tétine. (3 à 4 tétées/j. pour la plupart des mères)

 

  • Vous ne souhaitez pas introduire de biberon?

Il est tout à fait possible de concilier travail et allaitement sans jamais tirer son lait. Néanmoins, certaines mères préfèrent que leur enfant ne reçoive que du lait maternel pendant les premiers cinq à six mois, comme le préconise l’Organisation mondiale de la santé. Et continue à en recevoir, couplé à des solides, même après ces premiers mois.

En plus des avantages pour la santé de l’enfant à court et à long terme, tirer son lait a d’autres bénéfices : en stimulant les seins, cela aide à maintenir la lactation ; cela prévient d’éventuels engorgements, canaux lactifères bouchés, et minimise les « fuites ».

 

  • Vous souhaitez que mon bébé ait votre lait en votre absence

Dans ce cas vous allez exprimer votre lait. Dans la plupart des situations, les mères commencent environ un mois avant la reprise du travail, pour «  apprivoiser » le tire-lait, faire des réserves et se familiariser avec la conservation du lait.

 

  • Comment exprimer mon lait ?

Choisir ce qui convient à chacun :
– expression manuelle du lait

– tire-lait manuel (Isis de chez AVENT et Harmony de MEDELA)

– tire- lait électrique (Lactaline de chez AMEDA, Lactina ou Symphony de MEDELA, Kitett Fisio de La Diffusion Technique Française)

Avec une prescription médicale la location d’un tire lait electrique est prise en charge par la sécurité sociale (il reste à votre charge les parties non loués)

 

Tirer son lait :

– Avant tout, lavez-vous les mains.

– Installez- vous confortablement, soyez détendue. Avec un peu d’entraînement, vous allez y arriver. Prévoyez éventuellement une photo de BB pour vous aider. Le stress peut empêcher le réflexe d’éjection et diminuer la quantité de lait.

– Les 1ers temps, ne pas hésiter à faire un massage des seins et exprimer un peu de lait à la main avant d’appliquer la téterelle. (cf : technique Marmet)

– Tirez plutôt le matin après une tétée, vous aurez plus de lait. Soit on donne un sein et on exprime l’autre, soit on exprime les 2 seins après la tétée. Humectez votre sein pour améliorer l’adhérence et mieux faire le vide.

– Tirez pendant 10 à 15 min/sein ou pratiquer l’alternance. Le tire-lait double pompage fait gagner du temps. L’action du tire lait étant légèrement différente de la succion du bébé, il est conseillé de d’extraire son lait  5 minutes de plus qu’une tétée avec votre enfant.

– La quantité de lait obtenue pourra être très variable.